Amassa

Mars 1986, ce samedi matin ensoleillé j’attends depuis quelques minutes quai A le train de 7h42 en provenance de Paris.
Véronique, Olivier, son frère Franck et le directeur du cinéma sont déjà chez moi depuis l’aube pour débarrasser mon appartement, un énième déménagement auquel je ne participe pas, le 5 éme de la série.

De sauts de puces en galères sentimentales, je n’ai profité que quelques mois d’un confortable appartement dans une résidence privée jusqu’à un luxueux Haussmannien envahit par les meubles de Patrick qui m’en a laissé la garde faute de place dans sa propre maison.
Entre temps, j’ai réussi l’exploit de m’installer quelques jours chez la mère d’une jeune chanteuse pour qui j’ai réalisé un clip vidéo promotionnel, je suis prié de quitter les lieux manu militari le jour….. de son mariage !!!
Bien entendu la belle prétendante a gardé le secret jusqu’à la dernière minute, une sorte d’enterrement de vie de jeune fille à mes frais.
Cette fois j’ai confié à Véronique les clefs d’une accueillante maisonnette blanche aux volets bleus, un petit coin de paradis situé à quelques kilomètres du cinéma, entouré par un immense jardin jonché de ronces et d’herbes folles, l’endroit n’est plus habité depuis quelques temps.

7H41, la grande aiguille de l’immense horloge sur le quai descend d’un cran, le train apparaît puis ralentit, un grincement aigu désagréable marque l’arrêt complet du convoi, Claire descend du wagon 2 éme classe juste derrière moi, m’aperçoit, un grand signe amical auquel je réponds avec un large sourire.

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La violoncelliste

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Le regard de l’homme se perd dans ses pensées, la route défile à grande vitesse mais il ne la voit pas, d’une voix monocorde il me raconte la même histoire depuis quelques minutes, comme s’il voulait croire qu’il ne s’agit que d’un cauchemar.
Ses yeux noyés de larmes reviennent à la réalité, il s’excuse, c’est étrange comme les gens qui pleurent s’excusent toujours.
Le craquement des pneus sur les graviers du chemin, la berline de luxe garée de travers devant une immense bâtisse basque, l’homme m’invite à le suivre en poussant l’imposante porte d’entrée qui cache un vestibule aussi long qu’un quai de gare orné de tableaux dont j’ignore la véritable valeur.

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Les jouets du château

 

Les jours, les semaines, les mois succèdent aux saisons, peu à peu, on m’a appris à ne parler de mes parents biologiques que lorsque je dois dévoiler mon état civil.
« nom du père », « nom de la mère », j’ai ignoré jusqu’à leurs dates de naissance très longtemps, sur les formulaires officiels case « profession des parents », je mettais celle de mes parents adoptifs.
Une simplification administrative mais un véritable tourment pour l’enfant adopté.

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Les droles et la cagouille 1/2.

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En dialoguant sur un réseau social hier, mon fils, lecteur assidu de ce blog et moi, nous demandions ce qu’étaient devenues ces jeunes filles de la cité de l’enfance dont je tombais amoureux en quelques secondes, particulièrement les brunes aux cheveux longs.
Mariées, divorcées, connues peut être, riches ou pauvres, peu probable que l’une d’entre elles lisent ce blog un jour, elles en ont peut être créé un aussi, se souviennent-elles de moi parfois ?.
Je ne les ai pas vu ce matin là, dés le lever à 7h, Georges, Michèle et moi sommes séparés des autres.

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