Les maisons tombent du ciel

 » Jusqu’en 1989…3 ans de mise à l’épreuve ça vous mème jusqu’à la, faudra vous tenir tranquille, sans ça, vous ferez vos 18 mois..!! »
La menace est réelle, elle m’est destinée avec une certaine fermeté, entre deux coups de téléphone urgents et une boutade avec un collègue de bureau.
Je me dis qu’un magistrat a annoté les consignes consignes pour me faire la morale à chacune de mes visites hebdomadaires et obligatoires sous peine de sanctions plus graves.
Le policier vérifie pour la énième fois la conformité de ma signature, comme chaque jeudi dans ce commissariat délabré et sinistre que je connais par coeur puis me souhaite comme d’habitude une bonne journée.
Un café rapidement avalé dans un bistrot désert avant de pousser la porte droite du cinéma réservée au personnel laissée ouverte par Olivier.
Chargé de l’entretien des 4 salles, il sait que je viens chaque matin lui confier mes peines de coeur, avant de m’assoupir dans une cabine de projection, sonné par le manque de sommeil accumulé depuis le départ de Patricia.

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Un taxi pour l’enfer

A cab at high speed on a motorway in an urban area with the lit taxi sign on top of its roof

Je ne tiens pas debout, une violente douleur au ventre m’oblige à m’agenouiller, je m’affale face contre terre sans tenter de protéger mon visage qui amortit le choc, mon esprit délire, j’ai l’impression de me noyer lentement, de me disperser en fumée dans un épais brouillard.
Je n’entends plus aucun son d’une nature habituellement si accueillante, le mélange machiavélique vodka – somnifères dérobés à Patricia commence lentement à endormir mon corps et mon esprit, comme je l’ai souhaité quelques minutes plus tôt.

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Un repas pour deux

 

Vous avez fait médecine ?
-Non, pas du tout, je m’intéresse aux sciences, ah… salut Dom, rentre !!

Du fond de la chambre commune ou s’alitent une dizaine de patients, le bucheron interrompt sa conversation avec l’infirmier de garde puis m’adresse un signe chaleureux de la main, heureux de ma présence.

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Les saisons durent vingt ans.

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Le bucheron a la mine des mauvais jours, il s’agite nerveusement sur  une chaise en bois qui craque sous son poids puis, d’un violent coup de pied, projette une bouteille d’eau à l’autre bout de la pièce, le plastique se fracasse contre le mur mais résiste au choc.

Même pas cassée !!

Sa femme a refusé de le voir, ses enfants sont en vacances avec leur beau père, les fleurs qu’il comptait leur offrir sont maintenant éparpillées et détruites sur le plancher abimé.

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La gueule de bois

 

Depuis un bon quart d’heure, le bucheron se tient debout, à l’extrémité du comptoir, il gesticule, lève les bras vers le ciel, fait de grands gestes incompréhensibles devant un groupe d’hommes très attentifs au discours du colosse.
Soudain, il demande à la serveuse de monter le son de la radio pour couvrir le vacarme ambiant puis l’entraine malgré elle dans une valse tournoyante.
La femme, non mécontente de s’accorder quelques instants de pose se laisse prendre au jeu, s’essuie les mains sur son tablier puis tend les bras vers son cavalier d’un jour qui la dépasse de deux têtes au moins.
Près de moi, le patron du bistrot observe la scène, me sert un café que je n’ai pas commandé puis me lance, incrédule :

Je ne savais pas que ma femme savait danser !!

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