La dernière danse

Tels de fidèles adjuvants d’un conte de fée, suivant à la lettre mes préalables instructions, Patrick, Olivier, son frère Kévin et Véronique attendent que la lumière du porche s’éteignent enfin.
Des bruits de bouteilles, un volet qui se ferme mal, une nuit sans lune et la fin de journée de l’employé plonge la bâtisse dans l’obscurité totale comme je l’avais prévu.
Un homme s’éloigne, démarre une Renault 5 de service facilement reconnaissable aux panneaux qui ornent ses portières  » ABATTOIRS COMMUNAUX », sans se douter une seconde que nous épions ses moindres gestes avec intérêt.
Patrick, le premier de cordée prend l’initiative de s’approcher suivi de chacun de nous, inquiets dés que nos pas brisent les branchages qui jonchent le sol de la petite forêt.
Une dizaine de chevaux enfermés dans un enclos électrifié s’inquiètent de notre présence, je murmure qu’il va falloir gagner leurs confiances afin qu’ils ne donnent pas l’alerte malgré eux.
Les équidés ne peuvent pas deviner qu’ils sont la raison de notre expédition nocturne.

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Le meilleur des mondes.

Comme au premier jour de ce blog, à peine troublé par l’arrivée pourtant brutale de mon boxer qui cherche vainement une balle de tennis, je reprends place dans mon bureau.
Depuis quelques mois, j’ai comme une appréhension lorsque je me force mentalement à revivre ce moment de ma vie.
Ce matin, la musique démodée que j’écoute en boucle n’intéresse plus personne, pourtant il y a 30 ans, elle a battu tous les records de vente, des millions de personnes se sont arrachées le vinyl, avec frénésie, dans les magasins spécialisés, lorsque l’on prenait encore le temps d’acheter un disque en fouillant dans les bacs fraichement approvisionnées des dernières nouveautés musicales.

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Des « maux » pour le dire

-« Santa Maria..!!! »

Pedro, notre chauffeur appuie de toutes ses forces sur les pédales du vieux van, jurant de tous les noms auprès de la vierge Marie, il aurait fallu que la sainte ait les oreilles bien chastes ce jour là.
La nationale est interminable et monotone, comme souvent dans le département des landes que nous traversons à faible vitesse.
Devant nous, à une centaine de mètres, des lumières bleues clignotent, un gendarme lève son bras puis nous fait déjà signe de nous garer sur le côté, encore un contrôle routier, le deuxième depuis notre départ le matin même.
Presque une routine pour le convoi d’une dizaine de véhicules du clan des gitans avec qui nous partageons tout depuis quelques semaines, à moi seul, j’ai bien du justifier de mon identité une bonne quinzaine de fois ces sept derniers jours.

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Combien de temps 2/2.

.–2222

A force, les infirmières de garde me connaissent, je viens quotidiennement, nous échangeons quelques banalités, certaines me donnent des nouvelles de papy avant que je monte lui rendre visite à l’étage.
Ce jour là, dés mon arrivée, j’ai senti une certaine tension, un malaise mal dissimulé, une seule d’entre elles s’est approchée de moi, sans doute désignée par les autres.

Bon, je peux monter voir mon grand père ? il n’est pas en soin ?
Non, c’est pas l’heure des soins, mais euh…Il a passé une très mauvaise nuit…

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Combien de temps 1/2.

2222

Comme chaque jour, je frappe brièvement sur la porte de la chambre de l’hôpital avant de l’ouvrir discrètement.
Je fais machinalement une bise à mamie, elle est penchée sur le lit et me montre le contenu du yaourt nature.

T’es déjà la ? Regarde, il n’a rien mangé aujourd’hui…

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