Un taxi pour l’enfer

A cab at high speed on a motorway in an urban area with the lit taxi sign on top of its roof

Je ne tiens pas debout, une violente douleur au ventre m’oblige à m’agenouiller, je m’affale face contre terre sans tenter de protéger mon visage qui amortit le choc, mon esprit délire, j’ai l’impression de me noyer lentement, de me disperser en fumée dans un épais brouillard.
Je n’entends plus aucun son d’une nature habituellement si accueillante, le mélange machiavélique vodka – somnifères dérobés à Patricia commence lentement à endormir mon corps et mon esprit, comme je l’ai souhaité quelques minutes plus tôt.

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Patricia

L’hiver de l’année 1988 se termine, un samedi matin nous sommes tous attablés depuis l’aube près de la piscine de la maison de Patrick, comme cela nous arrive parfois lorsque l’un d’entre nous n’est pas trop motivé pour rouler en vélo quelques kilomètres au travers des routes de la vallée de la Chevreuse.
L’air est doux, presque printanier, une sorte d’été indien prématuré qui nous retient sur place.
L’occasion pour le maître des lieux de profiter de sa petite famille installée dans cette maison bourgeoise trop grande pour nous tous, ses fillettes avalent un à un les croissants que Véronique a acheté quelques minutes plus tôt.
L’épouse de Patrick reste distante, silencieuse, ruminant en secret toute la haine qu’elle a envers notre petit groupe qui monopolise son mari la plupart du temps, ses absences répétées du domicile conjugal commencent à peser sur l’ambiance dans le couple.

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