Ce que je sais de moi.

Jour anniversaire pour ce blog.

Les souvenirs chaotiques de mes premiers récits témoignent d’à peine 30 ans de ma vie dans un ostensible journal né précisément en Août 2015 après une conversation avec un ami pilote de ligne – écrivain exilé aux Etats Unis.
Lorsque je lui ai demandé par quoi je devais commencer, il m’a simplement répondu :

« Aussi loin que tu te souviennes, écris comme tu es dans la vie, le reste viendra tout seul... »

Pas facile alors que je me suis toujours efforcé d’effacer toute trace de mon existence derrière moi afin qu’il n’en reste rien.
Ecrire sa vie vous perd entre ce que vous êtes et ce que vous ne serez jamais plus.
Les jours fériés, le nouvel an, les saints de mes églises, le 25 décembre, tout ce qui ressemble à un anniversaire a disparu de mes calendriers depuis très longtemps.
Mon entourage s’en est plus ou moins bien accoutumé, au final, une bougie de plus pour une année en moins, un décompte inversé qui rend les gens heureux mais m’angoisse ostensiblement lorsque je suis concerné.
Malgré tout, cher blog et fidèles lecteurs à qui je confie ce que je sais de moi, souhaitons bon anniversaire au « Liens de sans ».

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Amassa

Mars 1986, ce samedi matin ensoleillé j’attends depuis quelques minutes quai A le train de 7h42 en provenance de Paris.
Véronique, Olivier, son frère Franck et le directeur du cinéma sont déjà chez moi depuis l’aube pour débarrasser mon appartement, un énième déménagement auquel je ne participe pas, le 5 éme de la série.

De sauts de puces en galères sentimentales, je n’ai profité que quelques mois d’un confortable appartement dans une résidence privée jusqu’à un luxueux Haussmannien envahit par les meubles de Patrick qui m’en a laissé la garde faute de place dans sa propre maison.
Entre temps, j’ai réussi l’exploit de m’installer quelques jours chez la mère d’une jeune chanteuse pour qui j’ai réalisé un clip vidéo promotionnel, je suis prié de quitter les lieux manu militari le jour….. de son mariage !!!
Bien entendu la belle prétendante a gardé le secret jusqu’à la dernière minute, une sorte d’enterrement de vie de jeune fille à mes frais.
Cette fois j’ai confié à Véronique les clefs d’une accueillante maisonnette blanche aux volets bleus, un petit coin de paradis situé à quelques kilomètres du cinéma, entouré par un immense jardin jonché de ronces et d’herbes folles, l’endroit n’est plus habité depuis quelques temps.

7H41, la grande aiguille de l’immense horloge sur le quai descend d’un cran, le train apparaît puis ralentit, un grincement aigu désagréable marque l’arrêt complet du convoi, Claire descend du wagon 2 éme classe juste derrière moi, m’aperçoit, un grand signe amical auquel je réponds avec un large sourire.

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