Entrée des artistes

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Un jeune homme affairé devant une machine à café nous indique enfin le chemin :

Sur votre gauche, la porte 27, c’est écrit dessus, au fond du couloir…

Effectivement, quelques lettres blanches sur fond noir, un panneau nous confirme que nous sommes arrivés à destination, pile à l’heure prévue.
Nous pénétrons dans une pièce accueillante meublée de quelques fauteuils luxueux, deux téléviseurs diffusent des images en direct d’un plateau télé ou s’agitent des dizaines de personnes.
Un groupe de jeunes danseuses accoudées au bar remarquent à peine notre présence, nous leur glissons un bonjour timide et furtif.
Pour unique issue,  un escalier en colimaçon juste devant nous, nous empruntons sans le savoir l’accès privé qu’utilisent toutes les vedettes du show-biz du moment.
Soucieux de ne pas arriver en retard, nous ne profitions même pas de ce privilège rare.

Quelques marches plus bas résonnent des coups de marteau, un brouhaha incompréhensible étouffe à peine des éclats de rire, une forte odeur de parfum féminin.

Soudain, s’approchant de moi, je reconnais l’allure nonchalante d’un présentateur populaire, Jean Pierre Foucault me tend la main chaleureusement avec un grand sourire, comme si j’étais une vieille connaissance puis disparaît dans une loge qui porte son nom.
Sorti de nul part, j’aperçois la volumineuse chevelure bouclée de Denis, l’agent du chanteur François Valéry, la raison de notre présence ici au milieu des idoles que j’écoute à la radio chaque jour.

Salut Dominique, viens, François est chez le coiffeur, on va aller le voir avant l’enregistrement.

Bonjour Denis, impressionnant ici, euh je te présente mon nouveau directeur, Patrick.

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Comme si…

Juin 1985, Léna souffle sans entrain sur les quelques bougies du gâteau au chocolat censé représenté ses 31 ans, ses deux enfants s’emparent des plus grosses parts avalées avec une telle gourmandise qu’ils ont droit à une réprimande de leur mère.
Les deux garçons de 5 et 7 ans se chamaillent puis s’éloignent dans le jardin sous le regard protecteur de Léna, un prétexte maternelle opportun afin d’ignorer ma présence.
La jeune femme a de quoi m’en vouloir, sans vraiment préserver cet instant de fête et avec un manque de délicatesse extrême, je viens de lui annoncer mon prochain départ, j’ai accepté un poste de chef opérateur de cinéma dans un complexe de 4 salles, à 800 kilomètres de là.

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La montre de carton

 » Vous avez 49 messages« , ma messagerie est surchargée.

Après quelques mois de carence littéraire, me voila de nouveau face à mon passé, les lecteurs de ce blog connus ou pas me demandent pourquoi je n’écris plus, par lâcheté ou faux fuyant, je m’efforce pourtant de tenir cette promesse donnée à mon fils dont mes récits n’ont plus de secrets.

…/…
Accoudé à la fenêtre du réfectoire, je réajuste maladroitement la montre en carton mâché qui pend sur mon poignet gauche lorsque le directeur du centre d’accueil me surprend.
Un homme plutôt jeune, cheveux bouclés, mi-longs, jean délavé, chemisette rose, un large sourire de circonstance, professionnel sans doute mais chaleureux.
Je l’ai croisé plusieurs fois dans les couloirs d’Atherbéa en compagnie d’autres éducateurs sans imaginer qu’il dirige fermement ce petit monde d’assistés et d’assistants.
 » Trés jolie montre !!!..Tu peux venir dans mon bureau, on va faire le point... »
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