Les errants du hasard

Il existe aussi une hiérarchie dans le monde des vagabonds, l’humain est ainsi fait, comme un besoin de commander ou d’être commandé.
J’ai hérité du grade de « boss » sans doute à cause de ma veste qui ne me quitte plus, je me suis intégré à un groupe d’une dizaine de personnes dont je deviens peu à peu le confident les soirs de cafard.

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La valise aux papillons

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Les dames pipi des gares ferroviaires sont bien moins sympathiques que dans les films ou elles apparaissent, bienveillantes envers les plus démunis.
Dans la réalité, elle n’apprécient pas vraiment les laissés-pour-compte qui trainent autour d’elles et envahissent l’espace sur lequel elles veillent comme un véritable trésor.
Lorsque j’ai rencontré ce bouledogue humain pour la première fois, la vieille dame m’a esquissé un bref sourire mécanique, persuadée que je ne laisserai probablement pas la moindre pièce en sortant.
Quelques minutes plus tard, je jette une pièce de 1 franc dans l’assiette en porcelaine posée sur le comptoir d’accueil, ce qui déclenche un grognement inaudible, une sorte de remerciement dans le langage du cerbère des toilettes publiques.

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La violoncelliste

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Le regard de l’homme se perd dans ses pensées, la route défile à grande vitesse mais il ne la voit pas, d’une voix monocorde il me raconte la même histoire depuis quelques minutes, comme s’il voulait croire qu’il ne s’agit que d’un cauchemar.
Ses yeux noyés de larmes reviennent à la réalité, il s’excuse, c’est étrange comme les gens qui pleurent s’excusent toujours.
Le craquement des pneus sur les graviers du chemin, la berline de luxe garée de travers devant une immense bâtisse basque, l’homme m’invite à le suivre en poussant l’imposante porte d’entrée qui cache un vestibule aussi long qu’un quai de gare orné de tableaux dont j’ignore la véritable valeur.

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