Boutiques pour dames

La boule de poils s’agite frénétiquement près de mon visage, un petit chien bâtard d’origine Polonaise ou Slovaque, la tête ressemble tellement à la queue qu’il peut fonctionner dans les deux sens sans que vous sachiez si l’animal avance ou recule.
J’ai depuis toujours une passion démesurée pour la race canine, excepté ce peigne ambulant qui évite même de croiser les chats du quartier.
Les yeux à peine ouverts, j’aperçois Magalie, sur la table de nuit la photo de la jeune fille encore étudiante, la tapisserie d’une autre époque, les draps roses, le tic tac énervant du réveil égrène les secondes.

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Dernière adresse connue.

Les avocats ont cette particularité d’arriver trop tard dans vos affaires et de vous le faire payer très cher.
Celui ci n’échappe pas à la règle, je suis entré dans son cabinet par hasard, j’ai remarqué la plaque étincelante sur la façade d’un bâtiment prés de la gare d’Austerlitz.
Sans avoir pris rendez-vous au « préalable » comme me dit la secrétaire, j’attends dans une pièce surpeuplée de personnes tristes et angoissées, pour certains l’homme qui va les recevoir est leur dernier espoir avant la convocation au tribunal, la prison ou un interminable divorce avec leur conjoint.

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Loin d’ici

Les policiers vont et viennent d’une porte à l’autre, certains me connaissent vaguement de vue et me lancent un bonjour cordial.
Assis sur une chaise dans le couloir du second étage, j’observe le manège incessant avec l’étrange impression que je n’ai rien à faire ici.
Une bonne demi-heure plus tard l’un d’eux me fait enfin signe de le suivre, se présente, me demande mon nom et s’excuse pour le retard.

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La dérobade

Je coupe la radio alors que le journaliste annonce une révolution dans le secteur des télécommunications, le premier réseau de mobiles téléphoniques sera opérationnel au mois de juin prochain.
Sur mon calendrier de l’année 1983, j’ai coché la case du jour, RDV ciné Paris.
Vingt minutes de métro plus tard, j’arrive en avance, plus angoissé par la ville de Paris que par l’enjeu de mon entretien à venir.

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La gitane

Albert, dit Bébert, on peut penser, vu son surnom, à un gangster fiché au grand banditisme bien que l’homme a plutôt des allures de gardien de prison avec son volumineux trousseau de clés qu’il tient fermement dans sa main droite, comme un graal.
Autant dire qu’on l’entend arriver de loin, la démarche nonchalante d’un homme de plus de cent kilos qui en impose.
Incontestablement le meilleur technicien de tous les temps, il répond avec un léger sourire moqueur à nos sollicitations de projectionnistes ignares, quelques minutes lui suffisent pour résoudre les problèmes les plus complexes.
Bébert est doté d’un sang froid exceptionnel et d’un sens du service peu commun, si vous l’appelez pour un dépannage, vous êtes à l’amende au bar d’à côté.
Il avale des quantités phénoménales de litres de bière à longueur de journée, jamais ivre, les idées toujours claires, alors que moi, avec mon gabarit aussi grand que lui mais deux fois moins gros, je craque au premier verre.
Une sorte de Depardieu Toulousain, sa ville d’origine, son accent en témoigne encore.

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