Le gendarme et le voleur

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Papy passe ses dimanche après midi au bar du coin de la rue, à une cinquantaine de mètres de la maison.
Il joue à la belotte avec trois de ses amis, la partie s’envenime toujours au fur et à mesure que les verres de blanc se vident, jusqu’au soir ou cela devient une affaire d’état.
Mamie m’a demandé d’aller chercher papy vers 18h30 pour le dîner.
Elle profite de ces instants de solitude pour tricoter, recoudre les vêtements de tout le monde, ou rendre visite à l’une de ses voisines, histoire de papoter de tout et de rien, les dimanche, ça sert à ça.

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Les jouets du château

 

Les jours, les semaines, les mois succèdent aux saisons, peu à peu, on m’a appris à ne parler de mes parents biologiques que lorsque je dois dévoiler mon état civil.
« nom du père », « nom de la mère », j’ai ignoré jusqu’à leurs dates de naissance très longtemps, sur les formulaires officiels case « profession des parents », je mettais celle de mes parents adoptifs.
Une simplification administrative mais un véritable tourment pour l’enfant adopté.

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Les droles et la cagouille 2/2.

Il est très tôt le lendemain matin lorsque papy (c’est ainsi qu’il  m’a demandé de l’appeler) ouvre le portail en bois du jardin de la maison.
Une tartine beurrée à demi entamée dans la main droite, je m’efforce de suivre les pas de cet homme athlétique, grand, mince, un charisme naturel, il marche comme un acteur Hollywoodien.
Le petit chien kiki est de l’expédition, l’homme et son chien ne se quittent jamais.
Au passage, je me penche légèrement sur le vide du puits, curieux d’y apercevoir le fond, papy revisse sa caquette sur sa tête et me recommande de ne pas m’approcher trop près, l’endroit est dangereux.

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Les droles et la cagouille 1/2.

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En dialoguant sur un réseau social hier, mon fils, lecteur assidu de ce blog et moi, nous demandions ce qu’étaient devenues ces jeunes filles de la cité de l’enfance dont je tombais amoureux en quelques secondes, particulièrement les brunes aux cheveux longs.
Mariées, divorcées, connues peut être, riches ou pauvres, peu probable que l’une d’entre elles lisent ce blog un jour, elles en ont peut être créé un aussi, se souviennent-elles de moi parfois ?.
Je ne les ai pas vu ce matin là, dés le lever à 7h, Georges, Michèle et moi sommes séparés des autres.

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Les toilettes à la turque

 

Les séjours à la cité de l’enfance sont généralement de courte durée, l’administration vous expédie le plus vite possible en province, dans des familles d’accueil soigneusement sélectionnées.
Régulièrement, les arrivées succèdent aux départs, ce qui rythme le quotidien très encadré mais monotone de ceux qui restent.
Georges, Michèle et moi faisons partie des oubliés temporaires, notre dossier doit trainer un peu, trois enfants d’un coup, il faut trouver la bonne famille même si on peut imaginer que notre avenir est déjà scellé dans l’une des nombreuses chemises en carton posées soigneusement sur le bureau de la directrice de l’établissement.
Mon frère Georges et moi étions parmi les plus jeunes, les femmes en bleu ciel nous accordent un peu plus d’attention qu’aux autres.
Malgré tout, ces personnes vous démaquillent de votre ancienne identité peu à peu, les services sociaux vous considèrent assez jeune pour subir mais pas assez vieux pour vous expliquer pourquoi votre vie vole en éclat à neuf ans.

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